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Jeudi 13 décembre 2007
La défense

Prés de quarante milliards d'euros partent en fumée chaque année au titre de la défens arm--e.jpg e de la France. Pourquoi dis-je qu'ils partent en fumée. Pour la raison bien simple que personne ne nous attaque. Depuis quarante ans, nous n'avons plus à nous mettre sous la main que quelques conflits africains insolvables, onusiens jamais payés ou américains où nous ne faisons que de la sous-traitance pauvrement indemnisée.

Alors que faire de notre armée ? Mon vieil ami, le Général Raslebol du Goulasch, Commandant en chef du service des essences, pétroles et huiles et Président de l'Epaulette m'a récemment entretenu d'une stratégie originale propre non seulement à diviser le budget des armées par dix, mais surtout à en faire une activité hautement bénéficiaire.

Lors d'un déjeuner rallongé au mess, il consentit enfin à me révéler le secret de sa pensée militaire.

- Savez-vous qui gagne une guerre ?

- Euh, sans doute le vainqueur, non ?

- Erreur, mon cher, erreur. Le vrai vainqueur au plan financier est toujours le vaincu. A condition, qu'il ait bien choisi son vainqueur (Pensez à l'Allemagne, songez au Japon). Le mieux étant qu'il soit assez riche et surtout ait besoin du perdant pour lui-même se remettre des combats.

- Comment se fait-il alors que tant d'armées cherchent à connaître la victoire ? Ne serait-il pas plus simple de tout simplement déclarer forfait dés le départ ?

- Impossible, si vous souhaitez perdre la guerre, encore faut-il que la guerre ait lieu.

- Certes, tout ceci semble avoir une certaine logique, encore que mézigue, ait tendance à se gratter la tête face à un tel discours. Mais alors que proposez-vous, mon cher Raslebol ?

- Multiplions nos armements par deux et faisons le savoir à tous nos futurs ennemis. Montrons nous agressifs envers nos voisins les plus proches.

- Mais mon vieux Goulasch, vous me parliez il y a peu d'économies et vous prétendez maintenant faire proliférer chars d'assaut, missiles, et autres aéronefs belliqueux.

- Douce innocence de la jeunesse. Pourquoi un char coûte-t'il si cher ? A cause des blindages et des canons hors de prix dont on l'équipe. Pourquoi un avion de chasse est-il si dispendieux ? Parce qu'on veut le faire filer comme le vent tout caparaçonné de multiples missiles et autres canons. Tout ceci dans quel but ? Gagner la guerre, alors que je vous le rappelle, mes armes à moi sont destinées à la perdre. Je vous parie cinq pipes bien tassées, que pour le prix d'un avion de chez M. Dassault, vous pourriez en fabriquer vingt selon mes plans.

- Parfait, et ensuite que faisons nous de cette armée de pacotille ?

- A l'assaut, mon cher. Commençons par nos amis belges. Un raid éclair jusqu'à Bruxelles, provoquant le minimum de dégâts nécessaire à rendre notre menace crédible. A la première riposte, après quelques simulacres de résistance, nous nous replions lentement vers nos provinces du Nord, où nous regroupons nos troupes. Face à cette intimidation, les belges n'auront plus d'autre choix que de nous envahir. Nous livrons alors un combat paresseux, tandis que nos artificiers font sauter tous les bâtiments, ponts, routes et usines vétustes que nous aurions de toute façon dû reconstruire.

Il ne reste plus qu'à lever le drapeau blanc et à faire entrer en piste nos équipes diplomatiques. Devant l'étendue des dégâts, la communauté internationale ne pourra faire autrement que de nous octroyer la manne divine nécessaire à la reconstruction, sans oublier de condamner l'infâme Belgique à de lourdes réparations. Alors, toujours de la camelote mon armée ?

- Tout cela me semble bel et bon. Mais supposez un instant que nos amis belges décident de pousser jusqu'à Paris et de s'installer à l'Elysée ?

- Ne rêvons pas, ce serait trop beau. A peine auraient-ils découvert les dossiers des retraites, de la sécurité sociale, de l'enseignement, j'en passe et des meilleurs, qu'ils seraient de retour à Bruxelles après nous avoir signé un dernier chèque.

- Eh bien, me voilà convaincu. Quand passons nous à l'action ?

- Mon jeune ami, votre naïveté n'a d'égale que l'amitié que je vous porte. L'armée, non contente d'être muette, reste sourde à mes arguments. L'état-major raisonne comme le tambour du même nom et le ministre ne rêve qu'à sa mutation à l'agriculture.

Quant aux Ponts et Chaussées, pas la peine de vous faire un dessin...

Par Fabrice
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