Le Blog des idées modernes
Une source inépuisable de recette
Il semblerait, d'après des sources autorisées, dont mon ami Duranton de Hautemer, que les finances de la France donnent un peu de gîte ces temps-ci. Au passage, il faut vous dire que Duranton possède dans sa collection d'ancêtres un certain Antoine, qui réussit l'une des traversées les plus rapides du Ministère des Finances en solitaire : 13 juin 1792 au 18 juin 1792. Il faut croire que malgré la brièveté de son séjour, il réussit pourtant à y commettre quelques dégâts, car son cou rencontra la lame de la guillotine dés l'année suivante. En 1948, Monsieur Pineau tenta de battre le record, échoua d'un jour, mais eut le bonheur de conserver sa tête attachée au reste de son corps jusqu'à son décès en 1995.
Mais foin de toutes ces histoires historiques. Revenons à notre débat à propos du triste déséquilibre entre dépenses et recettes. Concernant les dépenses, chacun s'accorde à dire qu'elles sont beaucoup trop importantes. Encore faudrait-il s'entendre sur ce mot dépenses. Après tout, qui nous reproche ces prodigalités et les assimile à une dilapidation proche du frauduleux ? L'Europe, Monsieur, oui l'Europe cosmopolite qui toujours veut nous vexer et brimer nos élans vers le progrès. L'Europe qui fabrique des suédoises poilues et expédie les portugaises au sauna.
Savez-vous qu'il existe pourtant un moyen bien simple d'envoyer l'Europe se faire voire chez les Grecques ? Savez-vous que nous possédons une arme bien plus puissante que la bombe atomique ? Non, pauvres ignorants, vous dont les connaissances entassées ne dépasseraient pas la hauteur d'un pygmée cul-de-jatte endormi à l'ombre d'un palétuvier.
Je vous sens avides de connaître cet engin mirifique, qui saurait mettre fin à nos tourments financiers. Je vous le livre enfin. Située à Chamalières, charmante bourgade ouestant Clermont-Ferrand (Capitale de l'Auvergne économe), l'imprimerie de la Banque de France se trouve être habilitée à imprimer des billets de banques libellés en cette heureuse et prospère monnaie que l'on nomme Euro. Qui pourrait nous empêcher d'imprimer chaque jour quelques liasses supplémentaires (disons 200 millions additionnels ou 400 000 coupures de 500) ? Je précise immédiatement, que non loin de l'imprimerie, veille, toujours aux aguets, le 92ème régiment d'infanterie, héritier des plus farouches combattants irlandais (il faut bien avouer que souvent l'irlandais s'égare).
Mais me direz-vous, que faire de tout cet argent dont la liquidité n'aurait d'égale que l'énigme de ses origines ?
Et l'administration, qu'en faites-vous de l'administration ? Donnons à chaque Préfet deux millions à dépenser quotidiennement, qu'il saura avec sagesse répartir entre ses sous-préfets. Bien entendu, il ne saurait être question d'inscrire ces dépenses dans quelque livre que ce soit. Chaque ordonnateur de dépenses devra s'assurer de la discrétion des entreprises qui avec la bénédiction de l'administration fiscale apporteront leur pierre à la grandeur de la France.
Imaginez-vous ces écoles, ces routes, ces hôpitaux, ces ponts, ces tunnels sortis de terre comme par miracle ? Mes amis quel bonheur ce serait ! Mais voilà, l'inertie députative, la pusillanimité sénatoriale, l'hibernation ministérielle, rien n'avance. Sans parler des Ponts et Chaussées...