Présentation

  • alire
  • : Humour éducation Belgique Auvergne défense Humour
  • : Encore un blog venu polluer Internet pour la seule gloire de son auteur ! Si vous êtes arrivés ici par erreur, je vous conseille de repartir sans tarder de la même manière. Sinon, si vous y êtes parvenus en toute connaissance de cause et sans aucune contrainte, alors interrogez-vous sur l'intégrité de l'ensemble de votre système nerveux. Enfin, puisque vous êtes là, autant rester. Si vous creusez bien, vous déterrerez peut-être un os assez moelleux ou croquant selon vos goûts. N'hésitez
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recommander

Publicité

Lundi 10 décembre 2007
Le Pet Qui Noie                                                                                 

   baignoire.jpg

Mon vieil ami le docteur Maurucéchet m’a bien surpris tantôt en m’invitant à dîner aux Trois Gascons, un estaminet certes honnête, mais à la table peu propice aux tergiversations concernant le choix du menu. Ici la carte tiendrait sur un timbre poste à 10 centimes. En effet, cet estanguet gascon au cœur de la capitale ne propose qu’une seule nourriture terrestre : le cassoulet à l’ancienne.

 Intrigué par cette étrange invitation, je ne pus que m’empresser d’y répondre. (Les lecteurs connaissent bien ma terrible appétence pour l’aventure gastronomique). C’est donc aux environs de huit heures que je retrouvais mon vieux compagnon Maurucéchet, assis devant une table rustique surmontée d’un pichet de vin du Languedoc.

 Une fois le plaisir des retrouvailles épuisé, je me permis de le questionner à propos de l’originalité de son invitation.

 - Voyez-vous, cher ami, je voulais vous replacer dans le cadre du drame.

 - Très aimable à vous, docteur, mais vous me voyez tout aussi éberlué qu’un lapin albinos pris dans le filet d’un pécheur d’anguille.

 - Bien sûr, bien sûr, mais laissons cela pour l’instant et dégustons ce délicieux cassoulet.

 Mon indécision habituelle vis-à-vis des féculents sudouestiens fut vite vaincue. J’en avalais sans coup férir trois assiettes, accompagnées de franches lichées de divers nectars, qui nous permirent de faire le tour de France assis sur une bonne chaise.

 J’allumai alors un cigare et me laissai lentement glisser dans une douce béatitude, lorsque la voix de mon vieil ami me ramena brutalement aux chagrins de notre terrestre royaume.

 - Bau milhou peta en coumpagno que mouri soul, me dit-il du ton du croque-mort prescrivant une aspirine à un cadavre.

 - Certes, cher ami, mais pourriez vous être moins opaque ?

 - Bien entendu, comptez-vous prendre un bain ce soir ?

 Je dois avouer (bien que ce ne soit nullement mon attitude habituelle) que d’alarmantes pensées inondèrent mon pauvre esprit à propos de la santé mentale de mon ami. Le matin même, j’avais parcouru un article dans le New and Academic Happy Scientist, décrivant l’étrange comportement d’une écrevisse turque à pattes grêles. Celle-ci artistiquement placée sur l’étal d’un écailler du nord de Londres, avait soudain entonné La Marseillaise, avant de s’enfuir en réclamant l’asile politique à notre douce République. Aux dernières nouvelles, le cuisinier de l’ambassade attendait toujours.

 - Allez-vous bien, cher docteur ?

 - Tout à fait bien, je vous l’assure. Je comprends évidemment que mes petites devinettes vous aient fait douter de mon intégrité psychique. Si je vous ai invité ici, c’est pour vous conter une étrange énigme, que j’ai eu la joie de résoudre hier.

 Hier soir, à dix heures dix, je fus appelé par notre ami commun, le diligent commissaire Bourmaigre. Il avait été requis par un urgent pneumatique concernant un jeune homme trouvé noyé dans son bain. Tout laissait penser à un suicide, mais bien entendu, l’administration, notre grande et sage administration, réclamait une constatation suivie d’un certificat rédigé par un médecin agréé et certifié. En bref par moi. Je dois avouer que je penchais pour l’hypothèse Bourmaigre, mais je fis quand même transférer le corps à la morgue. Et quelle ne fut pas ma surprise quand, ouvrant les poumons du pauvre hère, je n’y trouvai aucune goutte d’eau. Notre noyé ne s’était pas noyé et pourtant, il était bel et bien mort.

 - Peut-être avait-il absorbé quelques un de ces forts somnifères que nous délivrent avec libéralité nos nombreuses officines médicinales ?

- Aucune trace dans le sang, les urines et les divers fluides corporels dont je vous épargnerai l’énumération.

 - Crise cardiaque alors ?

 - Impossible. Il avait un vrai cœur de cosaque abstinent. Ce sont les meilleurs d’après la faculté.

 - Alors, alors ?

 - Alors, j’ai mené mon enquête. Et j’ai trouvé. Ce pauvre garçon après plusieurs jours de jeun avait réuni toutes ses maigres économies pour s’offrir un repas digne de gargantua. C’est ainsi que le restaurant même où nous nous trouvons ce soir accueillit hier les agapes de mon immergé patient. Le cuisinier ne l’oubliera jamais. Sa marmite pour la première fois était vide à neuf heures. A tel point qu’il dut refuser toute nouvelle clientèle.

 - Mais quel rapport avec le décès ?

 - Songez à la question que je vous ai posée tout à l’heure. Imaginez notre jeune homme rassasié, retrouvant son logis et comme ultime supplément à son bonheur, se glissant dans un bain bien chaud. Imaginez la combinaison d’une atmosphère chaude et humide et de la consommation de nombreuses assiettes de cassoulet à l’ancienne. Le méthane, mon cher, le méthane et le plaisir enfantin de flatuler sous l’eau. Or le méthane étant peu miscible dans l’eau, les bulles, selon les lois d’Archimède montent à la surface et y explosent, chacune chassant de l’air le précieux oxygène. Notre homme est donc mort asphyxié.

 - Une sorte de suicide aussi gastronomique qu’involontaire ?

 - Nommez le comme vous le souhaitez, mais si vous comptez vous baigner ce soir, laissez la fenêtre ouverte, mon cher, et surtout n’oubliez pas ce précieux dicton gascon :  mieux vaut péter en compagnie que mourir seul.

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 10 décembre 2007

Une source inépuisable de recette billet.jpg

 Il semblerait, d'après des sources autorisées, dont mon ami Duranton de Hautemer, que les finances de la France donnent un peu de gîte ces temps-ci. Au passage, il faut vous dire que Duranton possède dans sa collection d'ancêtres un certain Antoine, qui réussit l'une des traversées les plus rapides du Ministère des Finances en solitaire : 13 juin 1792 au 18 juin 1792. Il faut croire que malgré la brièveté de son séjour, il réussit pourtant à y commettre quelques dégâts, car son cou rencontra la lame de la guillotine dés l'année suivante. En 1948, Monsieur Pineau tenta de battre le record, échoua d'un jour, mais eut le bonheur de conserver sa tête attachée au reste de son corps jusqu'à son décès en 1995.

 Mais foin de toutes ces histoires historiques. Revenons à notre débat à propos du triste déséquilibre entre dépenses et recettes. Concernant les dépenses, chacun s'accorde à dire qu'elles sont beaucoup trop importantes. Encore faudrait-il s'entendre sur ce mot dépenses. Après tout, qui nous reproche ces prodigalités et les assimile à une dilapidation proche du frauduleux ? L'Europe, Monsieur, oui l'Europe cosmopolite qui toujours veut nous vexer et brimer nos élans vers le progrès. L'Europe qui fabrique des suédoises poilues et expédie les portugaises au sauna.

 Savez-vous qu'il existe pourtant un moyen bien simple d'envoyer l'Europe se faire voire chez les Grecques ? Savez-vous que nous possédons une arme bien plus puissante que la bombe atomique ? Non, pauvres ignorants, vous dont les connaissances entassées ne dépasseraient pas la hauteur d'un pygmée cul-de-jatte endormi à l'ombre d'un palétuvier.

 Je vous sens avides de connaître cet engin mirifique, qui saurait mettre fin à nos tourments financiers. Je vous le livre enfin. Située à Chamalières, charmante bourgade ouestant Clermont-Ferrand (Capitale de l'Auvergne économe), l'imprimerie de la Banque de France se trouve être habilitée à imprimer des billets de banques libellés en cette heureuse et prospère monnaie que l'on nomme Euro. Qui pourrait nous empêcher d'imprimer chaque jour quelques liasses supplémentaires (disons 200 millions additionnels ou 400 000 coupures de 500) ? Je précise immédiatement, que non loin de l'imprimerie, veille, toujours aux aguets, le 92ème régiment d'infanterie, héritier des plus farouches combattants irlandais (il faut bien avouer que souvent l'irlandais s'égare).

 Mais me direz-vous, que faire de tout cet argent dont la liquidité n'aurait d'égale que l'énigme de ses origines ?

 Et l'administration, qu'en faites-vous de l'administration ? Donnons à chaque Préfet deux millions à dépenser quotidiennement, qu'il saura avec sagesse répartir entre ses sous-préfets. Bien entendu, il ne saurait être question d'inscrire ces dépenses dans quelque livre que ce soit. Chaque ordonnateur de dépenses devra s'assurer de la discrétion des entreprises qui avec la bénédiction de l'administration fiscale apporteront leur pierre à la grandeur de la France.

Imaginez-vous ces écoles, ces routes, ces hôpitaux, ces ponts, ces tunnels sortis de terre comme par miracle ? Mes amis quel bonheur ce serait ! Mais voilà, l'inertie députative, la pusillanimité sénatoriale, l'hibernation ministérielle, rien n'avance. Sans parler des Ponts et Chaussées...

 

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus