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  • : Encore un blog venu polluer Internet pour la seule gloire de son auteur ! Si vous êtes arrivés ici par erreur, je vous conseille de repartir sans tarder de la même manière. Sinon, si vous y êtes parvenus en toute connaissance de cause et sans aucune contrainte, alors interrogez-vous sur l'intégrité de l'ensemble de votre système nerveux. Enfin, puisque vous êtes là, autant rester. Si vous creusez bien, vous déterrerez peut-être un os assez moelleux ou croquant selon vos goûts. N'hésitez
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Lundi 10 décembre 2007

Lutte contre les gaz à effets de serre. draisien.jpg

Taxons, taxons, taxons. Voici le nouvel hymne appelé à remplacer notre douce et innocente marseillaise. Taxons tout ce qui émet du carbone, consomme de l'énergie, en un mot met en péril l'intégrité gazeuse et calorifique de notre planète. Taxons, oui, mais taxons bien.

Mon cher cousin Gaillard d'Arrière (germain aux Gaillards d'Avant par diverses alliances à voile comme à vapeur), récemment interpellé par la maréchaussée à propos de nébulosités soit-disant trop ténébreuses issuant  de son pot d'échappement, m'a convoqué illico (et même presto) pour faire connaître à tout un chacun et chacune le fruit de ses réflexions.

- Sais-tu mon cher cousin que notre inventivité fiscale frôle aujourd'hui la déliquescence la plus achevée ?  Penses-tu que dés 1360, nos édiles fiscaux avaient inventé bien avant l'imprimerie le Gros, impôt sur les les poissons de mer et le bétail à pied fourché. Quelle imagination ! Et que dire du Trop bu de 1680, taxe royale sur les boissons alcoolisées consommées au-delà de la normale annuelle (804 malheureux litres, additionnés de 804 autres pour chaque charrue que vous possédiez). Quel génie ! Et que dire de la Paulette, du Franc-fief, de l'Edit du toisé et autres Dîme saladine. Bien sûr, toutes ces inventions furent largement surpassées en 1954 par le génie de Maurice Lauré, qui surpassant Einstein, Archimède et Darwin réunis (sans parler de Jean-Sébastien Bach), inventa la TVA.

- Certes mon tout aussi cher cousin, mais il nous reste encore quelques jolis impôts.

- Oui, je dois l'admettre, la CSG non déductible est une belle tentative. La redevance audiovisuelle a encore quelques beaux jours devant elle. Le RDS n'est pas si mauvais. Mais quand on pense à tous ces nouveaux produits, ces nouvelles activités qui apparaissent chaque jour et qu'on laisse se développer comme des herbes folles sans taxation supplémentaire ! (taxation, qui telle la taille du jardinier ne ferait que les renforcer)

- Que faire alors ?

- En toute réflexion concernant l'impôt, il faut avant tout considérer l'assiette. L'assiette, qu'elle soit au beurre ou fiscale, doit être la plus large possible afin que le coup de fourchette donné par l'administration fiscale soit le plus invisible possible. Certains pensent déjà à rétablir la vignette automobile. Absurde ! D'ici vingt ans, seuls l'Aga Khan et Bill Gates seront encore financièrement capables de répondre aux cris déchirants de leurs réservoirs assoiffés.

- Taxons alors les avions.

- Pffft ! Il y a belle lurette (au fait, je l'ai rencontrée hier et je peux vous affirmer que sa réputation est bien surfaite), il y a belle lurette donc, que tous nos aéroplanes auront été reconvertis en ateliers de tricotin. Non, mon ami, outre celle que vous avez la bonté de m'offrir dans ce dispendieux restaurant, je vois deux assiettes déjà bien pleines et prêtes à supporter un prélèvement aussi minime que consubstantiel au renflouement des caisses de l'Etat : les marcheurs et les cyclistes.

- Ne disiez-vous pas au début de notre entretien, qu'il s'agissait par l'application de taxes sages et justes de contribuer à limiter la pollution ?

- Seriez-vous de ces naïfs qui pensent que le mouvant musculaire ne pollue pas ? Et d'où lui viendrait cette énergie qui lui permet de parcourir sans s'essouffler tous ces kilomètres qu'un carburateur sans âme peine à arpenter ? Du beefsteak, mon vieux, du beefsteak qui lui-même a déjà consommé dix fois son poids en maïs dévoreur d'énergie et de pesticides pour sa production. Sachez bien qu'à chaque coup de pédale d'un cycliste des milliers de calories carbonées partent en fumée. Pendant ce temps, le sage automobiliste d'un doigt tourne son volant et de quelques légères pressions pédestres régule son allure, gestes qui ne demandent qu'une énergie minime. Taxons, oui, mais taxons le vélocipédiste effréné et le jogger transpirant. Un simple compteur kilométrique et un podomètre agréés présentés chaque mois à la trésorerie permettront de calculer et recouvrer une taxe bien légère pour ceux qui la paieront, mais si lourde de sens pour l'avenir de notre planète.

- Me voilà bien convaincu, my dear cousin, but what to do now ?

- Rien, rien de rien. L'armée refuse d'être taxée sur ses défilés, le Tour de France réclame un remboursement sur les descentes et l'église une exonération pour les pèlerinages. Alors, imaginez les Ponts et Chaussées...

Par Fabrice
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Lundi 10 décembre 2007

UNE VRAIE REFORME DE L’APPRENTISSAGE DU CALCUL Nombres.jpg

 Du plus humble instituteur au plus ambitieux inspecteur général, toute l’éducation nationale est aujourd’hui en émoi. Nos enfants sont des ignorants, nos enfants ne savent plus compter ! Blaise-Pascal non content de se retourner dans sa tombe en aurait mangé sa brouette ! Imaginez la France, pays de la raison, vide de tout cerveau capable de calculer. Votre comptable vous livrerait des comptes à peu près justes, l’inspecteur des impôts vous réclamerait une somme approximative, le boucher vous vendrait pour un montant approché un steak pas loin de 150 grammes. A l’école votre enfant obtiendrait des notes voisines de la moyenne, tandis que votre salaire serait peut-être comparable sauf erreur à celui précisé dans votre contrat.

Et pourtant que d’efforts consentis !

Oh ! Combien de génies, combien de profs de maths,
Qui sont partis joyeux éduquer les primates,
A la moindre addition, très vite ont pris la fuite !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une classe vide, et sans aucune thune
Sous l’aveugle honte du zéro de conduite.

 Bien entendu nos sages éducateurs nationaux ne sont pas restés les bras ballants. De nouvelles méthodes de calcul ont été inventées, les heures d’apprentissages ont été augmentées et la table de multiplication arrondie. Hélas, nos enfants ne savent toujours pas compter autre chose que l’argent qu’ils dérobent dans nos poches.

 Bien sûr, il y a les moyens, les moyens qui manquent. Mais où trouver ces moyens ? Nul ne le sait. On découvre chaque jour de nouveaux gisements de pétrole ou de diamants, des lépidoptères ignorés, des maladies inédites, des soldats inconnus et même des socialistes de gauche. Mais nulle trace de moyens.

 Halte là ! Holà bijou ! Reprenons-nous ! Oublions les moyens et voguons vers l’excellent. Il suffit comme d’habitude de simplifier. La solution m’a été donnée par une amie mienne originaire de Cochinchine, dotée d’une impériale hérédité (non confirmée par l’ambassade), qui me procura d’impératives érections (confirmées par l’intéressée).

 Toujours est-il qu’un jour, une fois nos corps apaisés, elle me proposa d’apprendre à compter sur un boulier. Je tentais bien de lui faire préférer une partie de bésigue effrénée, mais elle insista avec tant de ferveur que je la laissai docilement m’initier au maniement des boules. Quelle inspiration, quelle illumination ! L’issue était là, si évidente, si incontestable que le regard trop perçant des pédagogues en avait été aveuglé.

 Pourquoi nos enfants ont-ils tant de mal à apprendre à compter ? Tout simplement parce les chiffres sont en trop grand nombre. Après tout, qu’est-ce que Neuf, sinon Huit plus Un. Et qu’est-ce que Huit sinon Sept plus Un, etc... Jusqu’à deux qui n’ait rien d’autre que un plus un.

 En résumé, tous ces chiffres de 2 à 9 ne servent à rien. Et pourtant, que d’heures gaspillées, que de comptines récitées pour les apprendre par cœur. Combien de mères éplorées, combien de paupières rougies à la lueur des chandelles pour qu’enfin la chair de sa chair puisse déclamer fièrement à la face d’un instituteur tyrannique cette triste litanie : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9.

 Et que dire du zéro ? Multipliez n’importe quel nombre par zéro. Qu’obtenez-vous ? Zéro. Ah ! Voilà bien un progrès. Imaginez un instant que Jésus ait connu ce triste nombre et qu’il ait multiplié les pains par zéro. Adieu Pape, adieu Archevêques, Evêques et autres prélats.

 Ajoutez ou soustrayez zéro à un autre nombre, vous obtenez le même nombre. La belle affaire.

 Encore pire, la division par zéro. Depuis tant de siècles que tant de mathématiciens héroïques s’y essayent, aucun n’est encore parvenu à diviser un nombre par zéro.

 Alors, me direz-vous, que faire de toute cette belle argumentation ?

 Laissez-moi vous répondre avec la douce mansuétude du crocodile surprenant un pygmée lors de ses ablutions matinales. Trop petit se dit-il, à quoi bon m’user les dents pour si peu de chair et tant d’os.

 Oui, laissez-moi vous répondre. La solution est là, sous votre nez : nous avons démontré l’inutilité du zéro et des chiffres de 2 à 9. Supprimons les tout simplement et rétablissons ainsi la paix dans les familles, les cantons, les départements et dans la nation toute entière, y compris l’outre-mer.

 (Au passage, les plus subtiles d’entre vous auront compris que la multiplication et la division devenait bien sûr inutiles).

 Imaginez cet enfant joyeux rentrant de l’école et déclarant tout fier à sa mère, pétrie d’angoisse à la porte de la ferme familiale : Maman, j’a eu vingt de vingt en calcul. Maintenant je connais le Un par cœur.

 Quel bonheur, quelle harmonie ! Mais voilà, les Syndicats de professeurs, les concierges, l’Académie, jusqu'aux producteurs de camembert, tous s’y opposent. Quant aux Ponts et Chaussées...

 Encore une révolution qui couve, Messieurs !

Par Fabrice
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