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Samedi 22 décembre 2007

Une étincelle ne fait pas le printemps


avocats.jpg

Nous n'étions plus qu'à quelques encablures de Noël. J'avais convié à souper mes deux vieux amis Morucéchet et d'Agneau (Marcel de son prénom), respectivement Médecin légiste et Commissaire divisionnaire, comptant sur quelques récits croustillants pour égayer notre soirée. Je dois avouer que je ne fus pas déçu. Depuis la nonne abusée par un kangourou récidiviste, jusqu'au contorsionniste retrouvé pendu dans une consigne de la gare du Nord, nos débats ne manquèrent pas de piquant.

Nous nous apprêtions à goûter aux charmes d'un cognac millésimé, lorsque retentit la comminatoire sonnerie du téléphone.

- Commissaire, il semble que vos ouailles se languissent de votre douce autorité.

Je lui passai le combiné et rejoignis Morucéchet, dont le gosier s'asséchait à vitesse grand V.

D'Agneau nous retrouva quelques minutes plus tard, la mine renfrognée, et siffla d'un trait son cognac.

- Messieurs, le devoir m'appelle. L'un de nos plus éminents représentants du barreau, Maître Morteloi, sans doute lassé par la monotonie des marches d'escalier, vient de quitter son domicile ainsi que cette vallée de larmes par le moyen de son balcon sis au cinquième étage. Le sursis n'a pas été prononcé.

- Laissez-nous vous accompagner ! Morucéchet pourra constater, quant à moi j'ai parfois quelques intuitions.

- Soit, mais transportons nous immédiatement.

Parvenus à destination, un pandore à quelques degrés de la surgélation nous laissa passer l'huis menant aux lieux du crime. L'ascenseur hors d'âge nous débarqua avec soulagement au cinquième, où nous fûmes accueillis par un majordome de la même époque. Après quelques échanges avec la maréchaussée scientifique, d'Agneau commença à investiguer tandis que Morucéchet, constatant la grande différence d'altitude entre son propre corps et celui du défunt, concéda à la raison que s'il ne redescendait pas maintenant la rencontre ne se ferait sans doute jamais.

Quant à moi, je me contentais de marcher de ci de là, parfois le front plissé ou un demi-sourire éclairant mes lèvres, pour en fin de compte m'asseoir dans la position du penseur, camouflant ainsi l'inefficacité totale de mon système neuronal. A la question, combien font deux plus deux, j'aurais sans peine répondu quatre. A la question, quel est votre nom, j'aurais sans honte déclamé mon patronyme. Mais à la question, comment cet avocat est-il décédé, mes cordes vocales se refusaient irrévocablement à toute tentative de vibration.

Heureusement, mes compagnons me rejoignirent tout emplis de leurs certitudes. Pour d'Agneau, l'affaire était claire. Il s'agissait d'un assassinat. Alors que son domestique s'était retiré dans ses quartiers, l'avocat aurait reçu la visite d'un ancien client peu satisfait de ses services, le ton serait monté. Ils en viennent aux mains, pour finalement conclure leur pugilat sur le balcon, dont la rambarde fragilisée par le gel perd ses attaches. Morucéchet confirma que la mort était bien consécutive à une hémorragie interne due à la brusque rencontre entre le crâne de la victime et le bitume du trottoir.

Pour ma part, bien que presque convaincu, je sentais le doute s'insinuer en mon encéphale tel le ténia à la recherche de quelques reliefs du repas vespéral. Comment avaient ils pu conclure leur querelle sur le balcon ? Par ce temps glacial, la porte-fenêtre aurait dû être fermée. D'autre part, la pièce ne présentait aucune trace d'une quelconque lutte.

- Je crois qu'il est temps de regagner nos pénates. Mais de grâce, acceptez mon invitation à partager un frugal déjeuner, afin que nous puissions partager nos réflexions nocturnes.

Cette nuit ne fut pas de celles qu'on nomme réparatrices. A chaque tentative de plongée vers l'inconscient, une voix me susurrait d'étranges maximes comme « le cigare est dans la boite », « le filament grille la saucisse » ou « le bouton a fondu la savoyarde ». Je ne tirais aucune conclusion irrémédiable de ces brumeux indices, mais pourtant je sentais que quelque chose clochait dans les conclusions de mes amis.

Le ding-ding coutumier me rappela à mes devoirs d'hôte et le coeur en fête, j'accueillis mes amis venus frugaliser en ma compagnie. D'Agneau me sembla fort détendu.

- J'ai demandé une liste complète des clients de Maître Morteloi récemment libérés. Entre nous, ils ne devraient pas être très nombreux, tant ses talents oratoires s'exprimaient plus dans les bistrots que dans les prétoires. Je suis certain que d'ici deux heures nous tiendrons le coupable.

- Quant à moi, un détail étonnant ne cesse de me chatouiller l'intellect. Figurez vous, qu'en retournant le corps du défunt, je découvris un postérieur bien plus proche du chapon rôti que de la joue immaculée du tendre nourrisson. J'avoue que j'ai du mal à croire que Maître Morteloi se soit prêté à ces jeux interdits, qui mêlent plaisir et souffrance au détriment de l'intégrité de nos enveloppes corporelles.

- Commissaire, quand nous sommes entrés hier dans le bureau de Maître Morteloi, n'avez vous pas senti une légère odeur de cigare ? Je pencherais pour un Cohiba Piramides.

- Certes, d'ailleurs mes hommes l'ont retrouvé ainsi que le trou creusé dans le tapis.

- Je souhaiterais que, quand vos estomacs auront exprimé une totale satisfaction quant aux mets absorbés, nous fassions une visite impromptue au domicile de notre avocat.

C'est ainsi que quelques heures après, nous retrouvions notre maître d'hôtel préféré, qui ne marqua que d'un léger soulevé de sourcil l'étonnement de nous revoir. Je l'entrepris immédiatement, comptant sur l'effet de surprise pour délier cette langue qui aurait rendu trois longueurs à un mollusque gastéropode.

- Avant le cri tragique qui vous fit transporter jusqu'au bureau de Maître Morteloi, n'avez vous pas entendu un autre bruit ?

- Je ne pense pas, Monsieur.

- Pensez plus alors. Une sorte de bruit que l'on qualifie souvent d'inconvenant ?

- Je vois ce qu'évoque Monsieur. Sans doute ne l'ai-je pas notifié, car il s'agit d'un timbre qui fréquemment s'échappait du bureau de Maître Morteloi lorsqu'il s'y retirait après le souper.

- Quand vous avez ouvert la porte du bureau, quelle lampe était allumée ?

- Aucune Monsieur. La pièce était emplie d'une atmosphère que l'on qualifie habituellement de ténébreuse.

- Pourtant, hier quand nous sommes venus la pièce était éclairée en grand.

- Je me suis permis d'aller changer les plombs au tableau afin que ces messieurs de la police puissent travailler sereinement.

Je rejoignis alors mes amis sur la scène du soi-disant crime.

- Alors, Commissaire, votre fameuse liste vous a-t'elle donné toute satisfaction ?

Pour toute réponse, je reçus un grognement que seule une amoureuse éperdue aurait pu regarder comme amical.

- Docteur, que pensez-vous de cet interrupteur ?

- Il me semble sale, ou plutôt brûlé. Et alors ?

- Alors, alors je crois qu'après avoir retrouvé tous les maillons de la chaîne, je vais enfin pouvoir les réunir.

- Laissez-moi vous exposer ma théorie.

Il est environ dix heures. Maître Morteloi se retire dans son bureau pour y fumer l'un de ces délicieux Cohiba Piramides, qu'il vient tout juste de recevoir de la Havane. Soucieux du confort de son cabinet, il ouvre grand la porte fenêtre et enfin allume avec précaution son précieux cigare.

Cette douce fumée aux tons épicés, qui vient emplir ses poumons est comme un baume pour lui. A l'abri du regard de tout client, il s'avachit dans son fauteuil, ne trouvant dans l'humanité que beauté et harmonie. Ma foi, Dieu a fait ce qu'il pouvait, mais malgré le grand nettoyage, il reste encore quelques petits bouts de paradis sur terre. Seul un petit caillou dans sa chaussure spirituelle, l'empêche encore de connaître le bonheur absolu. Cette lumière brutale venant frapper ses yeux en provenance du plafond. Un ultime effort, pense-t'il bientôt récompensé, le fait se lever pour activer la lampe basse du bureau et éteindre le lustre inquisiteur.

L'histoire bascule ici. Le passage rapide de la position assise à la position debout provoque inéluctablement une contraction des intestins, que seule une expulsion gazière complète pourra soulager. C'est ce qu'entreprend Maître Morteloi, tout en parcourant les trois mètres le séparant de l'interrupteur commandant l'allumage de la lampe de bureau. Tout en concluant l'éviction complète de son corps de ses humeurs gastriques, il saisit dans sa main le bouton, appuie en toute confiance et bien naïvement en fait surgir une longue étincelle. Sans attente, une flamme comme jaillie de nul part réduit en gaz carbonique le méthane à l'entour, mais si avide de retrouver sa splendeur passée poursuit son chemin jusqu'à la source du miraculeux combustible. C'est ainsi que Maître Morteloi, innocente victime du feu au cul, laisse tomber son cigare, et peu au fait des principes de la combustion se précipite vers le balcon, pensant diluer ses effluves dans l'air glacé de la nuit. Ce nouvel apport d'oxygène ne fait que renforcer la combustion. Comme l'avait constaté d'Agneau, la rambarde si fragile ne résista que quelques instants et Maître Morteloi fut précipité vers le jugement dernier sans même avoir pu composer son ultime plaidoirie. Triste, bien triste.

- Ma conclusion vous convient-elle, Commissaire et vous Docteur ?

- Techniquement, policièrement, tout me convient. Mais comment présenter cette issue à M. le Préfet ? Je pense qu'aucun coupable n'étant à rechercher, l'intervention d'un rôdeur à ce jour introuvable contentera mieux les autorités. Je comprends bien que toutes les classes sociales partagent ces flatulentes habitudes, mais quant à en mourir, là il y a du vice.

- Quant à moi, je vais rédiger un mémoire pour que tous les balcons de notre bonne ville soient rapidement auscultés. Pourvu que l'affaire ne tombe pas entre les mains des Ponts et Chaussées...

 

Par Fabrice
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Dimanche 16 décembre 2007

A potée de la main

Un événement tragique a endeuillé dernièrement notre bonne ville de Clermont-Ferrand. Minuit avait à potee.jpg peine sonné la nuit du 14 au 15 décembre, qu'une effroyable explosion ravagea le bar-restaurant «Les Joyeux Pétanqueurs » sis place des Salins, à une centaine de mètres de mon moelleux terrier. Vous imaginez le ramdam provoqué par un tel cataclysme, à l'heure où la plupart des paupières clermontoises, telles la moule à la marée descendante, ont choisi de couper court à toute ingérence dans les pensées de leur propriétaire.

Moi-même, je bondis radicalement hors de mon lit douillet. Bondir est peut être un terme exagéré, que n'agréerait pas un puma argentin quelque peu tatillon, mais en tout cas, il ne me fallut guère plus de 20 minutes pour rejoindre le théâtre du drame. L'immeuble entier, du rez-de-chaussée jusqu'au toit, avait été comme emporté par un souffle tout-puissant venu des enfers. Devant cette scène effrayante, accouru sans doute de la préfecture, se tenait logiquement M. le Préfet. Tout en lui semblait glacé par l'horreur de l'événement, mise à part peut-être une élégante paire de pantoufles à carreaux (originaire de Charente), qu'il avait sans doute oublié de troquer contre les souliers vernis habituels à sa fonction. A sa droite, se tenait dans le même état de dignité, M. le Maire, qui certes avait chaussé ses brodequins de ville, mais avait négligé d'échanger son pyjama Mickey-Mouse contre un costume plus conforme à la tradition électorale. Enfin pour clore le défilé, je découvris Mme la Conseillère Générale, dont les sommités occipitales semblaient couvertes d'une sorte de champ de fils de fer barbelé dressés vers le ciel. On eût dit, qu'elle avait assisté de très près à l'événement.

Ayant constaté l'étendue des dégâts et l'ayant jugée comparable au manque de collaboration du thermomètre à la survie de leurs organes essentiels, nos trois respectables décidèrent de regagner leurs pénates afin d'en référer aux autorités supérieures. J'avoue que je fus alors tenté de rejoindre moi aussi ma tanière. J'avoue aussi que je succombai honteux à la tentation, privant quelques pandores ensommeillés du charme discret de ma conversation. (Pour les plus incultes d'entre vous, je précise que le Pandore Ensommeillé n'est pas une espèce d'oiseau rare du Mexique, mais tout simplement un Gendarme, qu'on a arraché à ses rêves juste au moment où Blanche-Neige allait lui dresser un PV).

Me voici donc de retour au logis et je vous confesse que malgré l'horreur des minutes précédentes (notamment les pantoufles et le pyjama), je retrouvai rapidement le sommeil, exactement là où je l'avais laissé.

Au matin, un câble urgent en provenance de la capitale, après avoir provoqué le bondissement maintenant familier, m'annonça l'arrivée imminente par le railway de mon plus cher ami et néanmoins célèbre Marcel d'Agneau, Commissaire Divisionnaire de son état.

Il semblait en effet qu'au-delà de quatre décédés, les capacités d'élucidation de la maréchaussée locale s'avéraient totalement insuffisantes. Je le cueillis à la gare, sur le coup de midi et lui contai par le menu ce que je savais du déroulement des événements.

Je ne le revis qu'au soir, l'ayant convié en mon gîte, pour partager quelques nourritures terrestres ainsi que les progrès dans son enquête. J'avoue que ce soir là, le pauvre homme fut largement mon débiteur. Les mets et les vins que je lui offris auraient facilement converti un pygmée anorexique aux charmes du surpoids. Alors, pensez, un Commissaire Divisionnaire ! Par contre, ce qu'il m'apprit de son enquête, ne le fut qu'à la forme négative.

Non, il ne s'agissait pas d'une bombe. Ni d'une explosion de gaz de ville. Ni d'un coup de foudre impromptu. Encore moins de la chute inopinée d'une météorite égarée. Le mystère était total.

- Et moi, qui doit présider Lundi soir le banquet annuel des commissaires !

- Ne désespérez pas ! Connaissant votre talent, je suis certain que vous aurez trouvé votre réponse dès demain. En tout cas, je compte sur vous, à midi pétante pour accompagner mes agapes dominicales.

Ce dimanche, mon réveil fut par extraordinaire plus proche du bâillement du boa après la digestion d'un missionnaire vagabond que du bondissement de notre puma maintenant bien connu.

Ce cher vieil Agneau passa mon huis avant le douzième coup de Midi, la mine tout aussi triste et renfrognée que la veille. Baudelaire en aurait fait un poème. Quant à moi, un léger sourire s'était insinué à la commissure de mes lèvres. Je me sentais dans l'esprit du croquemort déclarant à un futur client : pas aujourd'hui mon vieux, rentrez chez vous tranquille.

Après avoir avalé un premier drink, il me fit part de la vacuité totale de sa besace policière.

- J'ai pourtant battu le terrain, interrogé tous les témoins, mis mon cerveau à la torture. Rien, rien ne sort.

- Connaissez-vous la métaphore du verre qui déborde ?

- Non, et par ailleurs, le mien est loin de déborder. Resservez-moi s'il vous plaît !

- Que se passe-t'il si vous versez cinquante centilitres d'eau dans un verre d'une contenance de cinquante centilitres ?

- Il est plein à ras bord, c'est tout ?

- Et si vous y ajoutez un centilitre ?

- Il déborde bien sûr !

- Et voilà votre banquet des commissaires sauvé, votre promotion assurée. L'avenir tourne au rose, l'Agneau.

- Pourriez-vous être plus précis ?

- Bien entendu. Disons que la réponse était « à potée de la main ». Tenez, ouvrez le journal local du vendredi 14 à la page 7. Qu'y trouvez-vous ?

- Quelques inaugurations, les unes retardataires, les autres prémonitoires. Un berger allemand sauvagement agressé par un caniche nain. Et bien sûr les habituelles coquilles, sans lesquelles la paresse quotidienne ne serait pas ce qu'elle est.

- Regardez mieux, tout en bas à droite.

Association Régionale des Producteurs de Potée Auvergnate

Nous rappelons à nos membres que l'assemblée générale

sera suivi d'un repas convivial

le 14 décembre à 20h00

au restaurant « Les Joyeux Pétanqueurs »

(Ne pas venir accompagné)



- Bon sang de bois, il y aurait un complot international contre la potée ? Les belges, à coup sûr !

- Non, vous faites fausse piste. Sachez qu'il s'agit d'un cas extraordinaire, où toutes les victimes sont aussi les coupables. Imaginez le déroulement du banquet en question. Affamés par de nombreuses heures de débats, nos convives avalent dans le plus grand silence leur première assiette de potée. L'esprit s'apaise, le corps se relâche. Et soudain, tel Roland à Ronceveau, l'un de nos dîneurs, d'un pet tonitruant, sonne la première alerte. Son vis-à-vis ne veut pas être en reste et lui répond par le même procédé. Par effet de contagion, un troisième, un quatrième et bientôt l'assemblée tout entière répond aux appels et même en lance de nouveaux. Songez maintenant que cette joyeuse cacophonie se reproduira à chaque ingurgitation d'une nouvelle assiette de notre spécialité régionale. Nous voici porté à minuit. La nuit est froide. Portes et fenêtres sont closes. Le verre est plein à ras bord. Les hommes sont épuisés. Il en reste pourtant un pour émettre une dernière flatulence, et enfin satisfait, sortir un long cigare de sa poche, une allumette de sa boite et choquer le phosphore sur le grattoir. Pas besoin de vous expliquer qu'à une telle concentration, la déflagration du méthane était immanquablement mortelle.

- Bon sang de bon sang ! Vous me sauvez. Et en plus vous me donnez la clé de l'énigme concernant certaines affaires survenues dans le Sud-Ouest et faussement attribuées à d'insaisissables terroristes.

Quelques jours plus tard, j'appris que les députés du Puy-de-Dôme réunis en conclave proposaient une loi interdisant de péter dans les lieux publics. Sans doute une bonne et juste idée. Mais comment l'appliquer, quand on sait avec quelle adresse, le péteur expérimenté sait profiter du moindre coup de klaxon, de la pétarade d'une automobile, ou même d'un simple crissement de pneu pour assouvir impunément son coupable vice. Faisons pourtant confiance à l'Administration pour trouver une issue.

J'ai même entendu dire que les Ponts et Chaussées...

 

Par Fabrice
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